Débat d’orientation budgétaire 2018 : alerte rouge !

Le débat d’orientation budgétaire, suivi du compte du vote administratif de l’année écoulée et du vote du budget primitif de l’année en cours, est un moment de vérité, parfois dur pour la majorité municipale, comptable de sa gestion des finances de la commune. Au regard des résultats de l’exercice 2017, encore plus mauvais que ceux de 2016, il convient de vous alerter sur la grave dégradation de la situation financière de la Ville.

La nécessaire maîtrise des dépenses est malheureusement bien derrière nous. Le résultat de l’exercice 2016 était négatif avec un solde d’exécution à – 243 666 € et une capacité d’autofinancement nette de – 236 379€ très dégradée, obligeant à équilibrer le budget en ponctionnant les réserves héritées du mandat précédent. Tout cela parce que les dépenses de fonctionnement se sont emballées en quelques années, sans création de nouveaux services rendus à la population, et alors que le montant de l’annuité de la dette reste constant.

Force est de constater que les résultats de 2016 pourtant alarmants n’ont pas donné lieu à une réorientation de la gestion financière de la commune. Le résultat 2017 est bien pire. Le solde d’exécution 2017 est à – 680 824 € et la capacité d’autofinancement nette de – 358 420 € est sévèrement dégradée, obligeant encore une fois à équilibrer le budget en ponctionnant les réserves héritées du mandat précédent, réduites de moitié en une seule année.

Pour la deuxième année consécutive, les dépenses sont supérieures aux recettes, tant en section de fonctionnement qu’en section d’investissement. Quelles mesures la municipalité entend mettre en œuvre pour mettre un frein à cette dynamique dangereuse ?

Nous déplorons la poursuite de l’augmentation de la masse salariale en 2017, malgré un transfert de 10 agents à l’intercommunalité depuis le 1er janvier 2017, ainsi que la prévision de son augmentation encore en 2018 à hauteur de 4,3 %, quand des communes aux gestions vertueuses visent les 0% d’augmentation. C’est le signe confirmé d’une très mauvaise gestion du personnel. Aucun effort n’a été fait sur cette dépense rigide majeure qui représente désormais 63% des dépenses réelles de fonctionnement de la commune.

En 2018, et contrairement à l’engagement qu’elle avait pris en 2014 pour toute la durée du mandat et réitéré depuis, la commune aura recours à l’emprunt pour financer les investissements nouveaux à hauteur de 800 000 €. Ainsi, la municipalité prévoit d’utiliser une pratique de gestion qu’elle a pourtant tant décriée. Se rend-elle enfin compte que la nécessité contrainte fait loi ? Quand la municipalité va-t-elle réviser publiquement ces critiques du passé et présenter ses excuses à la municipalité précédente ? Pourquoi le taux des emprunts en cours de remboursement n’ont pas été renégociés en période inédite de baisse des taux comme l’ont fait tous les autres emprunteurs, tel que nous l’avions recommandé à plusieurs reprises ?

Autre point d’inquiétude : la commune est débitrice au sein de la nouvelle intercommunalité à hauteur de 120 000 € alors qu’elle ne l’était pas au sein de la CCPRO, qui lui versait chaque année des reversements (fonds de concours et allocation de compensation) en plus de lui faire bénéficier d’une enveloppe d’investissement devenu équitable à partir de 2008. Etait-il dans l’intérêt financier de la commune de rejoindre les Sorgues du Comtat ? Les élus de l’opposition attendent toujours les réponses aux questions qu’ils ont posées sur ce sujet épineux.