Audit financier : ils n’ont pas honte !

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Tous les 2 à 3 ans, la Direction générale des Finances Publiques communique aux mairies une analyse sur la situation financière de leur commune, fondée sur une comparaison de l’état des dépenses et des recettes avec les communes de taille équivalente. La dernière analyse avait été remise fin 2013. Elle vient d’être actualisée pour que la nouvelle municipalité élue puisse faire des choix financiers en toute connaissance de cause.

Les nouveaux élus viennent de faire LEUR restitution de cette analyse. Cette restitution n’engage qu’eux.

Ils jugent la situation préoccupante. Bien leur en aurait pris d’avoir fait preuve de la même lucidité durant le mandat 2001-2008, où s’est installé s’est installé l’ « effet ciseau » aux conséquences désastreuses à réparer, ainsi que durant le mandat 2008-2014 qui a suivi, qui a été celui de première correction du tir parti, c’est-à-dire le mandat où l’équipe de Joël Sérafini a géré la commune. La nouvelle municipalité se garde bien de faire référence à la gestion de 2003 à 2008, tout comme à la politique de redressement progressif de la situation engagée de 2008 à 2014 avec un certain succès.

Le nouveau maire met en avant certains chiffres, mais en cache bien d’autres et essaie de passer aux oubliettes bien des éléments expliquant la situation et auxquels il n’est pas étranger. Ces pratiques sont condamnables, mais gageons que personne n’est dupe.

Ce que la municipalité ne dit pas :

  • la hausse de la réserve financière : la réserve de fonctionnement a augmenté de 2007 à 2013 de 804 000 euros à 1 307 251 euros (cf. graphe ci-dessous). De combien augmentera-t-elle dans le mandat 2014-2020 ?
  • les moyennes nationales : aucune comparaison n’est reprise, pour rapporter les évolutions décrites aux évolutions connues dans les autres communes, montrant que notre niveau endettement est redevenu normal, dans la moyenne des communes de la taille de Bédarrides (cf. graphe ci-dessous), et que les dépenses de fonctionnement à Bédarrides sont inférieures à celles des communes de sa taille (cf. graphe ci-dessous)
  • les comparaisons avec le mandat antérieur : l’écart de progression entre les dépenses et les recettes a été réduit par deux de 2008 à 2013 par rapport à 2003-2007, les dépenses de fonctionnement courant ont progressé moins vite de 2008 à 2013 que dans le mandat précédent (cf. graphe ci-dessous de comparaison avec 2007)
  • les difficultés qu’elle a posées et pose encore sur le chemin de la création de nouvelles recettes pour la commune sans augmentation d’impôts pour le contribuable bédarridais : commercialisation des terrains viabilisés aux Garrigues minée par ses contentieux à répétition (qui était derrière ces contentieux ?), totalité des recettes repoussées à 3 ans lié au retard pris par le projet en raison de ces contentieux, refus de donner des suites à la vente des lots de la friche industrielle Canissimo engagée par l’ancienne municipalité et pouvant apporter jusqu’à 350 000 euros dans les caisses (pas mal, non ? pourquoi ou pour qui y renoncer ? on en reparlera…)
  • pourquoi elle refuse de communiquer l’intégralité de l’analyse financière qui lui a été remise aux élus de l’opposition qui en ont fait la demande par courrier le 9 octobre 2014
  • pourquoi la totalité de l’analyse financière n’est pas téléchargeable par tous sur le site de la Ville, comme c’était possible durant le mandat précédent
  • pourquoi elle a supprimé du site de la Ville l’accès aux analyses financières précédentes (en termes de transparence et de fair-play, on peut mieux faire !)

graphefinances
Ce que la municipalité dit dans le bulletin municipal d’octobre 2014 et qui montre qu’elle fait l’inverse de ce qu’elle dit dans SA synthèse, à savoir redresser les comptes de la commune :

  • le vote en juillet 2014 de la suppression des taxes communales applicables aux plus-values réalisées lors de la vente de terrains agricole devenus constructibles (il fallait aider ces pauvres gens !)
  • le vote en juillet 2014 de l’exonération de la taxe foncière pour toute nouvelle construction pendant deux ans (alors que le quartier des Garrigues doit venir compenser les recettes manquantes)
  • l’augmentation des subventions allouées aux associations
  • la mise en place de la gratuité pour les réservations de la salle polyvalente
  • l’offre de la gratuité totale (jusqu’à quand ?) pour les 3 heures d’activités périscolaires par semaine pour les familles, quels que soient les revenus

Ce que démontre cette communication :

  • L’incapacité des élus à gérer la commune : alors que le maire dit qu’il est au travail pour redresser les finances de la commune, les décisions qu’il a prises depuis son entrée en fonction montrent l’inverse.
  • Des élus coupés des réalités : l’évocation de la durée d’amortissement des prêts contractés pour financer les dépenses d’équipement nécessaires au bien vivre à Bédarrides sur ce point est éloquente. Les Bédarridais se rendent compte que les prêts concernant l’immobilier de la Ville ont la même durée que les prêts immobiliers contractés aujourd’hui par tous les particuliers voulant accéder au logement en devenant propriétaire mais sans possibilités d’apport et disposant des seules ressources issues de leur travail. C’est sûr que ceux qui ont toujours hérité de leurs biens et n’ont jamais eu à les acheter ne peuvent pas comprendre !

Dans le mandat 2008-2014, avec l’équipe de Joël Sérafini, on a monté la première marche de l’escalier du redressement financier. Dans le mandat 2014-2020, au lieu de franchir la 2ème marche, on casse l’escalier.

La comparaison des gestions financières entre les mandats 2001-2008 et 2008-2014 est faite (cf graphe ci-dessus).

La comparaison des gestions financières entre le mandat 2008-2014 et le mandat 2014-2020 commencera en avril 2015. Elle viendra chaque année en avril au plus tard, lors de la présentation du compte administratif, jusqu’à la reconquête en 2020, dans le plus grand intérêt de la majorité des contribuables.

 

Une réflexion sur “Audit financier : ils n’ont pas honte !

  1. Si ça avait été eux à notre place, on aurait sans doute encore les tracteurs aux points stratégiques pour lutter contre les inondations, pas de parc, pas de maison des jeunes, pas de panneaux lumineux, pas de rond-point et j’en passe et j’en passe ….
    J’attendais impatiemment ta réaction.
    Salutations

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